DIALOGUE DE L’OMBRE DOUBLE
Court métrage musical
Un court métrage par SIBJA – sortie le 18 Novembre 2020
La crise sanitaire que nous traversons a bouleversé les habitudes et les mentalités du public comme des artistes, à l’aube d’une ère nouvelle. Contraint de se tourner vers des formules digitales, le monde des arts de la scène se doit de se réinventer et d’élaborer un nouveau type de rapport au public ; il est nécessaire de proposer une expérience différente de la salle de concert — pour la remplacer à court terme, et pour la compléter à long terme. Dans ce contexte, le collectif artistique SIBJA, aux côtés de  Teresa Rotemberg (chorégraphie) et Neckar Doll (vidéo), explore de nouvelles relations possibles entre film, danse et musique contemporaine. La vidéo, si elle est largement utilisée dans de nombreuses formes de musiques « populaires », reste peu abordée dans les pratiques classiques et contemporaines; et quand elle l’est, elle propose rarement plus qu’une virtuosité démonstrative, une esthétique décorative ou un streaming. SIBJA propose un chemin différent: non pas un vidéoclip, mais bien un film sans paroles, dans lequel musique et visuels interagissent et façonnent le récit de manière transdisciplinaire.   

Car ce qui a existé une fois fait partie pour toujours des archives indestructibles.
(...)
Et pourquoi m’ayant créée, m’ont-ils ainsi cruellement séparée, moi qui ne suis qu’un ? pourquoi ont-ils porté aux extrémités de ce monde mes deux moitiés palpitantes
Boulez et Claudel: Le Dialogue de l’Ombre Double
Dans cette perspective, le «Dialogue de l’Ombre Double» est un morceau de choix : Pierre Boulez prend pour point de départ de la composition une scène du «Soulier de Satin» de Paul Claudel. En amenant la pièce de Boulez à l’écran, SIBJA s’inscrit dans la continuité de ces aller-retours transdisciplinaires ; et le Dialogue de l’Ombre Double devient dialogue entre divers langages artistiques. Ce format inédit favorise la diffusion d’une musique contemporaine réputée difficile à un public plus large et insoupçonné. La bande sonore du court métrage, cette oeuvre musicale de Pierre Boulez composée pour clarinette et dispositif électro-acoustique, sera interprétée dans sa version pour saxophone par Valentine Michaud. La pièce de Paul Claudel « Le Soulier de Satin » fourni la structure dramaturgique du film: les deux personnages Rodrigue et Prouhèze sont incarnés par Valentine et Emmanuel Michaud, Les Ombres sont incarnées par un groupe de danseurs. La chorégraphie est réalisée par Teresa Rotemberg.
Comme si en moi par un côté d’eux-mêmes ils n’avaient pas cessé de connaître leurs limites ?
Comme si ce n’était pas moi seule qui existe et ce mot un instant hors de la terre lisible parmi ce battement d’ailes éperdues.
TRAILER
GALERIE